Portrait de madame du Châtelet d’après Marianne Loir

D’après Marianne Loir (1712-1781), Portrait de madame du Châtelet, v. 1745. Huile sur toile, 100 x 81 cm. Château de Voltaire (Ferney) © Hervé Lewandowski / Centre des monuments nationaux

Œuvres en rapport

Cette figuration d’Émilie du Châtelet est emblématique des évolutions du genre du portrait de femmes au XVIIIe siècle, certaines d’entre elles souhaitant se faire représenter au milieu de symboles liés à leur passion. Ici, il s’agit de l’œuvre la plus connue de Marie-Anne Loir, célèbre portraitiste qui construit sa carrière en peignant la noblesse de province à travers une vie itinérante. Quelques portraits de personnalités parisiennes connues, comme ceux de Marie-Thérèse Geoffrin et d’Émilie du Châtelet, dont l’original est conservé au musée des beaux-arts de Bordeaux, assurent sa postérité.

Deux symboles mettent en évidence la passion d’Émilie du Châtelet pour les sciences : une sphère armillaire permettant d’étudier l’astronomie et un compas, tenu par la main droite du modèle. Cette image de la femme constitue une rare exception, nombre d’entre elles tenant plus fréquemment des partitions, des feuilles de dessin ou des livres.

Marie-Anne Loir met en évidence les ambitions scientifiques de son modèle, mais sa féminité n’en est pas pour autant négligée. Dans sa main gauche, la marquise tient un œillet, symbole de l’amour, suggérant une personnalité passionnée. Cet œillet fait face au compas un peu agressif côtoyant une bordure de fourrure courant le long de sa robe.

Femme de goût et de mode, Emilie du Châtelet est une inconditionnelle de la « palatine », un tour de cou en fourrure, généralement de vison, qu’elle agrémente de diamants et de strass. Cette mode a été lancée par la princesse palatine, Élisabeth-Charlotte de Bavière, deuxième femme du duc d’Orléans, frère de Louis XIV, qui s’en montre assez fière dans ses mémoires : « J’ai eu l’idée, par le froid qui règne, de reprendre une vieille fourrure, afin d’avoir plus chaud au cou ; voilà qu’aujourd'hui tout le monde en commande sur le même patron, c’est la plus grande mode du moment ! »

 

Marianne Loir (1712-1781), Portrait de Gabrielle-Emilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet. Huile sur toile, 118 x 96 cm. Bordeaux, musée des Beaux-Arts © RMN-Grand Palais / A. Danvers

Œuvre à la loupe

 

 

 

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