Le saviez-vous ?

Découvrez quelques anecdotes sur Voltaire et son château de Ferney !

En latin

Le nom de naissance de Voltaire est François-Marie Arouet.

Selon une hypothèse communément admise, Voltaire pourrait être l'anagramme de son nom de famille, Arouet Le Jeune, en latin. 

Ainsi AROUET LJ donne à A R O V E T L I, le « U » devenant « V » et le « J »  devenant « I », en latin classique. 
    

Arouet ou à rouer ?

Voltaire a été embastillé deux fois au cours de sa vie.

Son premier séjour, en 1717, est dû à la colère du Régent Philippe d’Orléans car le philosophe rédige des vers à son encontre. Il est libéré après onze mois d'emprisonnement.

Son second embastillement, en 1726, survient après une querelle avec le Chevalier de Rohan, représentant d'une des plus grandes familles de la noblesse française.

Suite à une moquerie sur son nom, Voltaire répond et humilie publiquement le chevalier qui tendra un piège au philosophe et le fera bastonner par ses hommes de main. 

Décidant de se venger, Voltaire est arrêté. Cet épisode lui vaut son retour à la Bastille !
 

My name is Voltaire

 
Voltaire a vécu presque deux années en Angleterre. 

Après une querelle avec le chevalier de Rohan qui lui vaut un emprisonnement à la Bastille, il est contraint de s'exiler et réside en Angleterre de 1726 à 1728. Il y étudiera la langue, l'histoire, la littérature du pays, la philosophie de Locke et de Newton

L'Angleterre demeure ensuite pour Voltaire une sorte de référence : modèle d'une politique équilibrée par un partage des pouvoirs, tolérance religieuse et libéralisme commercial qui en fait une véritable puissance. 

Quelques années après son retour en France, Voltaire publie en 1734 les Lettres philosophiques, à travers lesquelles il vante la modernité du système anglais. L'ouvrage est immédiatement condamné sur requête royale par un arrêt du parlement de Paris qui le déclare « contraire à la Religion, aux bonnes mœurs et au respect dû aux Puissances. »

Millionnaire avant 40 ans !

Voltaire doit une partie de sa fortune à la loterie, dont il a réussi à détourner le système.

Afin de renflouer les caisses de l'Etat, le gouvernement français met en place une loterie. Chaque personne en possession d'une obligation peut acheter un billet de loterie à un prix s'élevant à 1/1000e de la valeur de l'obligation. Le gagnant remporterait 500 000 livres, somme très importante pour l'époque. 

Les gains valent donc plus que la somme d'argent qu'il faut dépenser pour acheter l'ensemble des billets. 

En 1729, Voltaire, le mathématicien La Condamine et d'autres possesseurs d'obligations s'associent en constituant une société et achètent l'ensemble des billets. Par ce biais, ils deviennent immanquablement gagnants.
L'opération est renouvelée plusieurs fois ce qui permet à Voltaire de s'enrichir rapidement et de gagner l'indépendance nécessaire à l'écriture. 

Une enquête est ouverte et un procès est intenté mais la justice donne raison aux associés car leur opération n'a rien d'illégale. Suite à cet épisode, le règlement de la loterie est profondément remanié… !
 

Pas n'importe quel Académicien

Voltaire est élu à l'unanimité à l'Académie Française en 1746, à l'âge de 32 ans.

Comme tout bon académicien, il se défend d'abord de le devenir. Composée de gens de lettres mais aussi de lettrés issus de différents domaines et professions, instrument de défense de la langue française, l'institution fascine Voltaire.

Après son élection, et malgré son éloignement de Paris, il lui dédie toujours beaucoup de temps dans sa correspondance (intervention dans les élections, participation aux travaux sur le dictionnaire…) et tente d’y faire élire plusieurs de ses amis philosophes. 

À son retour à Paris en 1778, l'Académie reçoit Voltaire tel un souverain et lui rend l'intérêt passionné qu’il lui aura voué par la dédicace de sa tragédie Don Pèdre.

 

Une retraite seigneuriale !


Voltaire devient propriétaire du château en février 1759, il est alors âgé de 65 ans. 

L’acte de vente de la seigneurie et du château est passé en 1759 au nom de Madame Marie-Louise Denis, la nièce du philosophe. En effet, elle peut prétendre à l'exonération de divers impôts en qualité de fille et de veuve d'officiers anoblis par leur charge.

Toutefois, un acte sous seing privé assure à Voltaire la propriété de l'ensemble. 

Fernex sera Ferney ! 

Fernex était l'ancienne orthographe de la ville de Ferney avant que Voltaire ne rebaptise celle-ci.

Le philosophe change l'orthographe afin que l'écriture corresponde à la prononciation.

En 1878, soit un siècle après sa mort, sous la présidence de Patrice de Mac Mahon, la ville prend officiellement, par décret, le nom de « Ferney-Voltaire » en hommage au Patriarche. 

Monsieur le marquis !


Voltaire était seigneur de Ferney, comte de Tournay et selon lui marquis. 

En effet, au XVIIIe siècle, les régions frontalières sont nommées « marche » ou « marque » sur laquelle le marquis exerce sa souveraineté. 

Le philosophe prétend donc que puisqu'il est proche de la Suisse il est tout naturellement marquis !

C'est pourquoi une couronne coiffe les deux armoiries de Voltaire et Madame Denis visibles sur la façade principale du château, dans le fronton triangulaire. Les mêmes blasons ont été placés sur l’Orangerie en 1901.

Les armes de Voltaire : d'azur à trois flammes d'or.

Les armes de Madame Denis : d'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux grappes de raisin d'argent et en pointe d'une main dextre appaumée d'or. 
 

La tuilerie de Ferney

Voltaire impulsa la création de tuileries à Ferney dont une située le long de la route Genève Gex.

Des tuiles ont ainsi été produites pour la chapelle du château. Preuve à l'appui, des tuiles marquées «Ferney » ont été découvertes par les couvreurs lors de la restauration de la chapelle en 2013.

Le livre de comptes du château témoigne de commandes en grand nombre à l'intention de la tuilerie. Des tuiles courbes et plates sont notamment mentionnées.

Sur certaines tuiles retrouvées, on peut lire : « ARMLEDER FERNEY 40 ». Il s'agit d’Edouard Armleder, un Suisse qui rachète la tuilerie en 1925 et la modernise (mécanisation).

L'atelier de Ferney sera finalement démoli en 1962.

Depuis la restauration de 2013, la chapelle est couverte de tuiles plates à un crochet, de formes et de teintes panachées, fixées sur des liteaux en chêne.

Le clocher en chêne est quant à lui recouvert de fines ardoises violines
 

 Au service de Monsieur de Voltaire

Jean-Louis Wagnière (1739 – 1802) entre au service de Voltaire à l'âge de 15 ans.

Il s'impose comme son bras droit, tour à tour valet de chambre, copiste… Et devient son principal secrétaire en 1760.

Dès 1770, Voltaire lui dédie plus de 95% de ses lettres.

Le rôle de Wagnière dans la « visite à Ferney » est avéré. Ses responsabilités dépassent les attributions d'un simple secrétaire particulier : chef du personnel, responsable de la comptabilité, intermédiaire auprès des artisans et des horlogers, chargé de centraliser l'information pour la relayer à Voltaire… Wagnière est la personne qu'il faut approcher pour entrer en contact avec le maître des lieux.

A la mort de Voltaire, il est chargé par Catherine II d'installer la bibliothèque de son maître à Saint-Pétersbourg.

L’avocat François Tronchin dit de lui qu'il est : « le seul dictionnaire vivant de tout ce qui tient aux vingt-quatre dernières années de l'homme le plus illustre de notre temps. »

Voltaire et ses domestiques

Il est humain : veillant à ce que ses domestiques soient bien logés, chauffés, bien traités… Il leur donne même des terres cultivables dans son potager.

Il est paternaliste : veillant à ce qu’ils ne s’enivrent pas !

Il est exigeant : la paresse n’est pas tolérée.

Il est caractériel : il s’emporte souvent contre eux mais regrette et s’excuse.

A sa mort, Voltaire lègue aux domestiques du château dont les jardiniers, une année de rente.

De manière générale, les domestiques les mieux payés sont ceux du château, plus proches des propriétaires. Une hiérarchie existe selon leur rôle : par exemple le cuisiner est mieux payé que la laveuse.
 

Sous le toit mansardé

 
Au XVIIIe siècle, Voltaire y fait aménager de nombreuses chambres pour les domestiques du château.

Selon une Description de Ferney et du château de Voltaire avec quelques anecdotes relatives à ce philosophe, publiée en 1783 à Porrentruy « dix cellules, la plupart avec des cheminées, ont été pratiquées dans les mansardes. »

Les domestiques disposent tous d'un chauffage, d'une armoire ou placard intégré et d'une fenêtre. Ils ne sont pas plus de deux par chambre.

L'inventaire de juillet 1778 dressé par Jean-Louis Wagnière, le secrétaire personnel de Voltaire, nous donne une idée du mobilier que pouvait contenir une chambre de domestique.

Extrait concernant la « Chambre à Morand » (le valet de Madame Denis) :

« Une petite banquette avec deux matelas, un lit de plume, un traversin, une couverture de laine, et des petits rideaux de Camelot bleu. Une armoire de sapin, un fauteuil de canne. 
 

Un jésuite pas comme les autres !


 
Voltaire héberge et entretient en son château de Ferney pendant plus de douze ans un religieux.

Il s'agit du père Antoine Adam, ancien jésuite.

Voltaire dit de lui qu'il est « un homme un peu frustre, un religieux sans fanatisme, un caractère accommodant. »

Il lui offre asile et secours pour le service de la nouvelle église de Ferney pensant trouver en lui une caution suffisante de vie et de mort chrétiennes.
Il lui confie même le soin d'enseigner la lecture aux enfants des domestiques, protestants comme catholiques.

Les deux personnages sont animés d'une passion commune : le jeu d'échecs auquel ils jouent ensemble quotidiennement. Cette habitude a été immortalisée par le peintre Jean Hubert dans l'un des tableaux de sa Voltairiade.

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